Il neige, il pleut, il verglasse.
Parlons météo.
Pratique quand on a rien à dire.
J'ai envoyé mes enfants au cinéma.
Je contemple la page blanche de ce qui sera mon futur travail.
Toujours quelque chose à faire, à remettre, à corriger, à planifier.
C'est lassant.
Il y a des jours où j'aimerais travailler dans une shop.
Mettre des trucs dans des boites.
Rêver pendant ce temps.
Écouter de la musique.
Et puncher à la fin de la journée.
Surtout ça, puncher.
Mon cerveau libre.
Obligation nulle.
Rien à prévoir, à devoir.
Juste le minimum; quoi mettre, quoi manger, quel film on regarde, faire réparer l'auto ou pas.
Ça arrivera sans doute.
Quand je serais vieille.
Et je sais que je pleurerais alors cette courte liste.
et la vieillesse qui va avec.
lundi 28 février 2011
samedi 26 février 2011
Le legs
Je ne suis pas une mère parfaite. Loin de là.
La débrouillardise.
L'autonomie.
L'amour de la lecture.
La politesse.
La curiosité.
Le respect des différences.
L'ouverture sur les autres.
Je ne sais pas vraiment ce qu'ils garderont de leur enfance.
Je sais qu'ils porteront, un jour, des jugements sur la femme que je suis, sur la mère que j'ai été.
Je sais qu'ils trouveront mes failles, même celles que je pense si bien cacher.
Je sais par contre qu'ils m'en parleront.
Parce que je n'ai jamais joué de rôle avec eux.
Parce que je n'ai pas de piédestal sur lequel m'accrocher.
Je n'aurais jamais l'impression de tomber du socle.
L'amour de l'autre dans ses imperfections, c'est aussi un bel héritage.
J'en suis fière.
J'ai tiré des oreilles, j'ai pleuré devant mes enfants, j'ai fait du chantage émotif, j'ai usé du sarcasme, j'ai refusé des câlins, j'ai dit des choses que je regrette encore maintenant.
J'ai eu honte de moi.
J'ai pensé ne pas être à la hauteur.
Je le pense encore, des fois.
Plus que tout autre expérience de vie, c'est la maternité qui nous plonge le plus au cœur de notre humanité.
Mais il y a des choses que j'ai donné à mes enfants et dont je suis fière.J'ai eu honte de moi.
J'ai pensé ne pas être à la hauteur.
Je le pense encore, des fois.
Plus que tout autre expérience de vie, c'est la maternité qui nous plonge le plus au cœur de notre humanité.
La débrouillardise.
L'autonomie.
L'amour de la lecture.
La politesse.
La curiosité.
Le respect des différences.
L'ouverture sur les autres.
Je ne sais pas vraiment ce qu'ils garderont de leur enfance.
Je sais qu'ils porteront, un jour, des jugements sur la femme que je suis, sur la mère que j'ai été.
Je sais qu'ils trouveront mes failles, même celles que je pense si bien cacher.
Je sais par contre qu'ils m'en parleront.
Parce que je n'ai jamais joué de rôle avec eux.
Parce que je n'ai pas de piédestal sur lequel m'accrocher.
Je n'aurais jamais l'impression de tomber du socle.
L'amour de l'autre dans ses imperfections, c'est aussi un bel héritage.
J'en suis fière.
vendredi 25 février 2011
Pour la petite histoire
Mon travail est déposé.
20 pages de vide
J'ai marché mes quatre kilomètres.
Même en regardant la télé, c'est un peu plate.
C'est la relâche.
J'ai un autre travail à faire pour dimanche prochain et des corrections.
Je suis crevée.
20 pages de vide
J'ai marché mes quatre kilomètres.
Même en regardant la télé, c'est un peu plate.
C'est la relâche.
J'ai un autre travail à faire pour dimanche prochain et des corrections.
Je suis crevée.
Mon ami François
C'est mon ami depuis le Cegep
Bah, nous avons bien eu quelques années de froid sibérien entre nous
Mais je ne me souviens plus pourquoi, et lui non plus.
Je sais qu'il m'aime ou m'a aimé ou m'aimerait.
Je l'ai toujours su.
J'ai toujours été sur mes gardes.
Ne pas entrebâiller, sans le vouloir, une quelconque porte.
Ne pas devoir dire non.
Ne pas blesser l'autre.
Encore maintenant je fais attention.
Je lui dis bien, en blague (!) que je suis la femme de sa vie et il me répond bien, en blague (!), qu'il le sait.
Je sais qu'il suffirait que je pose ma tête sur son épaule pour mettre fin à notre équilibre amical.
Il suffirait de presque rien.
Pour qu'il fonce dans la faille et que je doive, nécessairement, lui faire de la peine.
C'est mon ami.
Et j'y fais attention.
Tiens, je me demande si je ne suis pas très égoïste, finalement, dans cette relation.
Que sous des couverts de meilleure amie, je ne suis pas en train de l'empêcher d'avoir une vraie relation avec une autre.
Tiens, je vais lui demander.
Heu.
Non.
Bah, nous avons bien eu quelques années de froid sibérien entre nous
Mais je ne me souviens plus pourquoi, et lui non plus.
Je sais qu'il m'aime ou m'a aimé ou m'aimerait.
Je l'ai toujours su.
J'ai toujours été sur mes gardes.
Bah, je me suis bien déjà couchée sur son lit, à 18 ans, dans sa chambre (parait que ça ne se fait pas, à moins de vouloir), mais j'étais innocente ou agace ou juste inconsciente d'avoir un quelconque pouvoir de séduction.
Ne pas laisser d'ouverture.Ne pas entrebâiller, sans le vouloir, une quelconque porte.
Ne pas devoir dire non.
Ne pas blesser l'autre.
Encore maintenant je fais attention.
Je lui dis bien, en blague (!) que je suis la femme de sa vie et il me répond bien, en blague (!), qu'il le sait.
Je sais qu'il suffirait que je pose ma tête sur son épaule pour mettre fin à notre équilibre amical.
Il suffirait de presque rien.
Pour qu'il fonce dans la faille et que je doive, nécessairement, lui faire de la peine.
C'est mon ami.
Et j'y fais attention.
Tiens, je me demande si je ne suis pas très égoïste, finalement, dans cette relation.
Que sous des couverts de meilleure amie, je ne suis pas en train de l'empêcher d'avoir une vraie relation avec une autre.
Tiens, je vais lui demander.
Heu.
Non.
jeudi 24 février 2011
Poker face
Le truc pour faire un projet de fou?
Le dire aux plus de gens possible.
Vous serez alors trop orgueilleux pour changer d'idée sans avoir l'air fou, justement.
C'est notre technique.
On ne pourra pas reculer sans perdre la face.
Alors
Ça avance.
Nous avons relativement une bonne idée de notre trajet.
Nous avons fait un premier repérage du genre de sac à dos que nous aimerions avoir.
On sait un peu quels vaccins ça nous prend.
On s'en va tous chez le dentiste bientôt.
Le bouche à oreille pour la location de la maison est commencé.
On commence à prendre des livres à la bibliothèque pour préparer les enfants.
On tente de manger moins de riz et d'entrevoir les insectes comme un mets séduisant.
C'est vraiment étrange car nous n'avons jamais rêvé de l'Asie du Sud-Est.
Le dire aux plus de gens possible.
Vous serez alors trop orgueilleux pour changer d'idée sans avoir l'air fou, justement.
C'est notre technique.
On ne pourra pas reculer sans perdre la face.
Alors
Ça avance.
Nous avons relativement une bonne idée de notre trajet.
Nous avons fait un premier repérage du genre de sac à dos que nous aimerions avoir.
On sait un peu quels vaccins ça nous prend.
On s'en va tous chez le dentiste bientôt.
Le bouche à oreille pour la location de la maison est commencé.
On commence à prendre des livres à la bibliothèque pour préparer les enfants.
On tente de manger moins de riz et d'entrevoir les insectes comme un mets séduisant.
C'est vraiment étrange car nous n'avons jamais rêvé de l'Asie du Sud-Est.
J'ai rêvé de l'Afrique durant toute mon adolescence, certaine que je finirais missionnaire-journaliste-coopérante-reine dans un village de brousse.
Je m'y voyais tellement.
J'étais africaine dans l'âme, forte de mes trois ans d'enfance en Cote-d'Ivoire.
Je me voyais mariée avec un homme luisant au corps d'ébène, portant le sort de ce continent sur mes épaules.
L'Asie? pas pantoute.
Pourtant nous allons y passer 10 mois.
Sans doute parce que nous n'y avons pas rêvé.
Ça ne m'inquiète pas.
Au contraire.
Un de mes plus beaux voyages fut justement dans un pays auquel je n'avais jamais rêvé.
Je m'y voyais tellement.
J'étais africaine dans l'âme, forte de mes trois ans d'enfance en Cote-d'Ivoire.
Je me voyais mariée avec un homme luisant au corps d'ébène, portant le sort de ce continent sur mes épaules.
L'Asie? pas pantoute.
Pourtant nous allons y passer 10 mois.
Sans doute parce que nous n'y avons pas rêvé.
Ça ne m'inquiète pas.
Au contraire.
Un de mes plus beaux voyages fut justement dans un pays auquel je n'avais jamais rêvé.
mercredi 23 février 2011
rue St-Denis
Je me souviens de la fois où ma mère m'a dit que j'étais belle.
La fois.
J'avais 17 ans et mon copain m'avait laissé après 2 ans (ce qui est toute une vie à 17 ans).
Je fermais la portière de la voiture, rue St-Denis.
C'est fou, je me souviens exactement de ce que je portais.
Une salopette et une chemise avec des fleurs.
Triste.
Débinée.
Honteuse, un peu, de ce rejet de l'autre.
La fois.
J'avais 17 ans et mon copain m'avait laissé après 2 ans (ce qui est toute une vie à 17 ans).
Je fermais la portière de la voiture, rue St-Denis.
C'est fou, je me souviens exactement de ce que je portais.
Une salopette et une chemise avec des fleurs.
Triste.
Débinée.
Honteuse, un peu, de ce rejet de l'autre.
"Ne t'en fais pas, de dire ma mère, avec l'allure que tu as, tu vas t'en trouver un autre facilement".
Voilà.
C'était la fois.
-Ma puce, tu le sais que tu es belle?
-Oui maman, tu me le dis tout le temps!
-Vraiment? combien de fois je te l'ai dit aujourd'hui?
-Au moins quatre fois (ma fille a tendance à exagérer un brin).
-Quatre? c'est bien, je suis contente..tu es belle!
-(rires)
Voilà.
C'était la fois.
-Ma puce, tu le sais que tu es belle?
-Oui maman, tu me le dis tout le temps!
-Vraiment? combien de fois je te l'ai dit aujourd'hui?
-Au moins quatre fois (ma fille a tendance à exagérer un brin).
-Quatre? c'est bien, je suis contente..tu es belle!
-(rires)
mardi 22 février 2011
3ème rangée, 2ème bureau
J'ai eu envie de la serrer dans mes bras.
Cette petite chose, toute triste de son chagrin d'amour.
16 ans, 95 livres mouillées.
Des larmes dans les yeux, livide, le cœur à des années lumières du schéma narratif.
Des petits gestes.
Une perche qui se tend à la fin d'un cours.
L'envie de l'enrober d'amour.
De lui dire à quel point elle était unique et belle.
Tellement pleine de promesses.
Lui dire, surtout, que sa vie n'est pas uniquement dans le regard d'un autre.
Comment lui confier que l'amour, le couple, ce n'est pas vraiment ça?
Pas là, pas maintenant.
Comment lui dire sans être platement adulte, sans minimiser son droit à sa peine?
Ce fut simple.
Aime-toi ma belle et ils t'aimeront.
Aime-toi.
Cette petite chose, toute triste de son chagrin d'amour.
16 ans, 95 livres mouillées.
Des larmes dans les yeux, livide, le cœur à des années lumières du schéma narratif.
Des petits gestes.
Une perche qui se tend à la fin d'un cours.
L'envie de l'enrober d'amour.
De lui dire à quel point elle était unique et belle.
Tellement pleine de promesses.
Lui dire, surtout, que sa vie n'est pas uniquement dans le regard d'un autre.
Comment lui confier que l'amour, le couple, ce n'est pas vraiment ça?
Pas là, pas maintenant.
Comment lui dire sans être platement adulte, sans minimiser son droit à sa peine?
Ce fut simple.
Aime-toi ma belle et ils t'aimeront.
Aime-toi.
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